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 Sujet du message: bob dylan
MessagePosté: 06 Juil 2004 06:47 
Walking cloud
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J'aimerais bien que Charter nous explique ce que serait la musique actuelle sans l'influence de Bob Dylan ?
J'ai cru effectivement comprendre que Charter était un fan inconditionné !
Peut-être s'est-il déjà exprimé sur le sujet ? :oops:
En tous cas, je suis très intéressé ! :D

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MessagePosté: 06 Juil 2004 08:30 
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En effet, je considere que Bob Dylan est un Dieu. En clair, ils étaient deux a se partager la place, puis Cash a décidé d'aller voir ailleurs.

Et pourtant, je ne connais pas (et loin de là) toute la discographie du Zimm. Bien sur la trilogie electrique (avec Blonde on Blonde, peut-etre l'album d'une vie). Bien sur les albums dits "essentiels", je les connais (Blood on the tracks, Oh Mercy, Time Out of Mind).

Mais il y en a tant que je n'ai jamais écouté ou presque pas (Nashville Skyline: jamais osé me plonger dedans. Je ne sais pas pkoi. Pourtant, Dylan & Cash, New Morning, Desire...).
Chose qui me rend assez heureux à dire vrai, vu que j'adore deja un artiste dont je suis loin de connaitre toute la discographie. :)

Donc je ne suis peut etre pas le mieux placé pour parler de Dylan.
Toutefois le Bob, on dira ce qu'on veut mais:
1) il ne sait pas chanter
2) il ne sait pas jouer de l'harmonica.
Mais ses chansons sont magnifiques. Rien que l'écoute de Sad Eyed Lady of the Lowlands confirme l'immensité du personnage.

Il n'empeche, je repondrais plus longuement à ton sujet un peu plus tard, quand l'acalmie sera revenu au bureau. Et puis faut que j'aille boire un café et fumer ma clope. :D

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MessagePosté: 06 Juil 2004 08:53 
Walking cloud
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Charterhouse11 a écrit:

Il n'empeche, je repondrais plus longuement à ton sujet un peu plus tard, quand l'acalmie sera revenu au bureau. Et puis faut que j'aille boire un café et fumer ma clope. :D


J'espère bien ! :D


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MessagePosté: 06 Juil 2004 11:19 
Wind of stars
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pour moi, dylan a apporté deux choses essentielles et en tous cas totalement nouvelles au statut de superstar de la pop (pop au sens large, hein).

1- il a définitivement montré que la compétence en tant que chanteur n'était pas obligatoire, à cette époque (1964-1966) où n'importe qui chantait n'importe quoi pourvu qu'il avait un joli brin de voix et un physique qui passait bien. en fait au lieu de chanter, il disait. il a balayé les starac de l'époque avec ses textes, et le public fasciné (qu'il comprenne les paroles ou pas) croyait atteindre à un stade supérieur d'intelligence rien qu'en écoutant des chansons populaires, une révolution en somme. ça c'est pour le commencement.

2- ensuite, il a prouvé qu'il était possible de se foutre éperduement de la mode et malgré cela de durer, ce qu'il a fait en changeant de style, d'inspiration, de look, et même de voix. plusieurs fois. à contretemps. il n'a jamais suivi le public, mais le public a accepté de le suivre. c'est assez unique finalement.

dans sa disco presque tout est bon, mais il faut bien situer les albums les uns par rapport aux autres.


Bob Dylan (1962)
le premier album, peu de compos (mais l'une s'appelle significativement "song to woody"). dylan à 20 ans a déjà du style, mais pas vraiment le sien, de l'allure, mais il ne se veut pas encore autre chose qu'un nouveau woody guthrie, il n'a pas encore le culot de montrer sa vraie pesonnalité.

the freewheelin' bob dylan (1963) et the times they are a-changin' (1964)
sont les deux premiers grands disques de dylan. du folk pur encore, mais déjà du pur dylan. la voix âcre et monotone, il balance son flow de rimes impossibles et d'images totalement nouvelles, le tout avec sa posture de protest-singer numéro un, il est le pape de greenwich village, lui et sa guitare, et "blowin' in the wind".

another side of bob dylan (1964)
n'est pas, malgré son titre, d'un style différent que les précédents, c'est encore du pur folk, mais ce qu'il montre de nouveau, c'est l'inspiration plus personnelle, dylan commence déjà à comprendre qu'une guitare ne suffit pas à changer le monde ni à tuer tous les fascistes, alors autant essayer au moins d'apporter un peu de beauté ici-bas. ce disque est moins connu que les autres, mais il est peut-être le plus simplement beau à ce stade de sa carrière.

bringing it all back home (1965), parfois appelé simplement subterranean homesick blues, du nom d'une des chansons de ce disque, est presque une bombe, enfin c'est le détonateur des bombes qui vont suivre ; dylan commence à s'aventuer dans le rock, et du coup il invente le folk-rock. sur ce disque on trouve le célébrissime "mr tambourine man", chanson qui à elle seule change la face de la musique pop.

highway 61 revisited (1965), blonde on blonde (1966) et john wesley harding (1967), c'est la trilogie fantastique, le must, la crème de la crème, enfin je crois (et je ne suis pas le seul à le croire). c'est bien simple, sur n'importe laquelle de ses compos, le premier chanteur venu bâtirait une carrière. toutes sont des classiques. toutes sont des tubes. de l'humour ravageur de "rainy day women #12 and 35" à la tendresse de "just like a woman", de la flamboyance destroy de "highway 61" à la poésie inédite de "all along the watchtower", de la beauté bizarre de "ballad of a thin man" à celle, incroyabelemtn profonde, de "sad eyed lady of the lowlands", ces trois disques sont inépuisables, insondables, indémodables, éternels.
l'inspiration est tellement riche qu'elle eclipse presque la qualité de l'invention musicale : portant, dylan porte à son point culminant son style unique fait de folk, de blues, de boogie, de rock électrique et parfois de collages quasi-dadaïstes (la sirène de la voiture jouet dans "highway 61").

nashville skyline (1969), après ça, un accident de moto et un exil plus ou moins volontaire, cela sonne comme une claque inattendue. il faut imaginer que dylan était quasiment l'égal de dieu pour ses fans, tout le monde reprenait ses chansons, des byrds à hendrix, ses apparitions en concert étaient des des célébrations, et voilà qu'il revenait avec un album de pure country music... de la country music!!! tout ce que son public détestait ! cette musique de rednecks réactionnaires, de cowboys à la john wayne, de fermiers abrutis... à l'époque johnny cash était encore honni par l'establishment pop.
n'empêche, après coup, on s'aperçoit que dylan avait raison de bousculer ses fans, de replacer la country au centre de la musique pop américaine, et justement, de rappeler que ce n'était pas qu'une musique de ploucs. dylan+cash en duo dans "girl from the north country", et dylan avec sa toute nouvelle voix dans "lay lady lay", bien des fans ne lui pardonneront pas ce qu'ils croient être une trahison, mais qui n'est qu'un des nombreux avatars d'un artiste mort plusieurs fois, et qui n'en est pas à sa dernière renaissance.

comme libéré, mais toujours protégé par son band, dylan entre dans la légende à moins de trente ans, et mènera sa vie comme il l'entend, en tournée perpétuelle, guitare-harmonica-voix, et laissera périodiquement quelques merveilles comme blood on the tracks (1974), desire (1976), d'autres disques comme les sous-estimés slow train coming (1979) et infidels (1983), oh mercy (1989), tous intéressants, voire passionnants, mais dylan a déjà écrit sa légende, et elle est tellement riche que personne ne lui en voudra de vivre dessus.

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"Moi j'aime mieux les tableaux genre La Joconde, parce que, au moins, ça a gardé le caractère musée..."


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MessagePosté: 06 Juil 2004 17:04 
Walking cloud
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charter : j'ignorais que tu officiais également sous le pseudo de mackie :twisted:
(merci quand même mackie :D )


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MessagePosté: 06 Juil 2004 17:28 
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désolé c11 & guest, c'est ça les chômistes : peuvent pas s'empêcher de se mêler de tout, avec le temps qu'ils ont... :oops:

et puis dylan j'ai pas pu résister :P

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MessagePosté: 06 Juil 2004 17:31 
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;) no problemo !


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MessagePosté: 06 Juil 2004 18:01 
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Indépassable, on ne remerciera jamais assez Dylan d’avoir ouvert tout un pan de la musique populaire à plus de complexité, c’est l’un des premiers modernes peut être le créateur de la modernité dans la musique populaire américaine ,il reprend toute la tradition folk (Woody Guthrie, Carter Family Hank Williams) et la transforme radicalement, en politique en poésie avec beaucoup de courage et pas beaucoup de compromissions, au tout début des sixties la musique aux USA, mis à part la musique noir, est immensément sirupeuse, le règne de l’entertainment creux, le rock des pionniers est mort, Elvis est un gentil trouffion , c’est le règne du sourire Colgate et du brill Building pour le meilleur , et vlan Dylan déboule et il prend sa guitare et il chante avec cette drôle de voix de canard asthmatique,des textes surréalisant qui parlent d’autres choses que les voitures ou les filles gentilles, voilà déflagration, les vannes sont ouvertes.

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MessagePosté: 06 Juil 2004 19:59 
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Raoul Lachenay a écrit:
Indépassable, on ne remerciera jamais assez Dylan d’avoir ouvert tout un pan de la musique populaire à plus de complexité [...] le créateur de la modernité dans la musique populaire américaine ,il reprend toute la tradition folk (Woody Guthrie, Carter Family Hank Williams) et la transforme radicalement, en politique en poésie avec beaucoup de courage et pas beaucoup de compromissions [...] voilà déflagration, les vannes sont ouvertes.


Absolument d'accord avec tout ça. Dylan est magnifique, une sorte de Rimbaud américain, des textes à tomber, de la poésie chantée. Je trouve très injuste un certain oubli qui fait qu'il est très peu cité me semble t-il, il y en a beaucoup pour le Velvet, Bowie, Lou Reed, Iggy Pop, etc. et peu pour l'immense Dylan - peut-être à cause du rapport assez intelligent et ambigu qu'il a su entretenir avec le star-system non ?

Un petit truc parmi 10 000 autres : il faut télécharger le clip de Subterranean Homesick Blues pour se rendre compte que Dylan avait 40 ans d'avance.

Je suis un inconditionnel du Dylan du début :

Bob Dylan - [1962] Bob Dylan
Bob Dylan - [1963] The Freewheelin' Bob Dylan
Bob Dylan - [1964] The Times They Are A-Changin'
Bob Dylan - [1991] The Bootleg Series (un bon commencement selon moi ces 3 CD)

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MessagePosté: 08 Juil 2004 16:05 
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Je suis allé le voir avant-hier à Saint-Etienne, le Zim. Je peux témoigner qu'il tient toujours très bien la route. Il a terminé son set par un apocalyptique "All along the Watchtower" - la terre en tremble encore du côté des monts Pilat...


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MessagePosté: 30 Aoû 2004 11:48 
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Le volume 1 de l'autobiographie de Bob Dylan sortira le 12 octobre prochain (en anglais).

Traductrices, traducteurs - au travail !

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MessagePosté: 30 Aoû 2004 11:59 
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phasme a écrit:
Le volume 1 de l'autobiographie de Bob Dylan sortira le 12 octobre prochain (en anglais).

Traductrices, traducteurs - au travail !


Effectivement. Si mes souvenirs sont bons, est également prévu une édition des paroles de ses chansons...

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MessagePosté: 30 Aoû 2004 12:27 
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La nième...

Cela dit, j'avoue avoir toujours été déçu par les traductions en français. Il y a bien quelques textes traduits par le poète Yves Di Manno (d'ailleurs, tout à fait introuvables) - mais à part çà ?

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phasme a écrit:
La nième...

Cela dit, j'avoue avoir toujours été déçu par les traductions en français. Il y a bien quelques textes traduits par le poète Yves Di Manno (d'ailleurs, tout à fait introuvables) - mais à part çà ?


Ben dans les entretiens Deleuze / Parnet chez Flammarion (à ne pas confondre avec pourparlers chez Minuit) Deleuze traduit une chanson de Dylan et affirme que c'est un modèle pour lui et sa tentative de créer une "pop'philosophie". Malheureusement je ne retrouve plus le livre, que j'ai du prêter, pour donner ici la citation exacte. En tous cas un hommage dont Dylan peut être fier... Par ailleurs, François Cusset raconte parait-il (je ne l'ai pas encore lu) dans son livre French Theory (La Découverte) la rencontre Dylan / Deleuze / Guattari en 1970 à New-York...

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MessagePosté: 30 Aoû 2004 12:58 
Drunkard wisdom
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Ah, Deleuze et ses ritournelles (comme il dit) !

Elle m'intéresse fortement cette rencontre - je vais creuser çà.

Merci pour le renseignement !

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